Le passage du cap des 60 ans marque une étape cruciale dans votre parcours de santé. Votre corps subit des transformations physiologiques profondes qui nécessitent une surveillance médicale régulière et adaptée. Un check-up annuel complet n’est pas un simple rendez-vous de routine : il constitue un outil de prévention indispensable pour détecter précocement les pathologies chroniques, ajuster vos traitements et préserver votre qualité de vie. Avec l’augmentation de l’espérance de vie en France, qui atteint désormais 85,2 ans pour les femmes et 79,3 ans pour les hommes, l’enjeu consiste à prolonger non seulement la durée de vie, mais surtout les années vécues en bonne santé. Un bilan de santé structuré et personnalisé représente la pierre angulaire d’un vieillissement réussi.

Évolution physiologique du vieillissement : comprendre les transformations métaboliques après 60 ans

Votre organisme évolue naturellement au fil des années, et ces modifications physiologiques s’accélèrent après 60 ans. Comprendre ces changements vous permet d’adapter votre suivi médical et d’anticiper les risques potentiels. Le vieillissement n’est pas une maladie, mais un processus biologique qui affecte l’ensemble de vos systèmes organiques de manière progressive et souvent silencieuse. Ces transformations métaboliques influencent directement votre capacité à métaboliser les médicaments, à maintenir votre masse musculaire et à réguler vos fonctions cardiovasculaires.

Déclin de la fonction rénale et filtration glomérulaire : impact sur l’élimination médicamenteuse

À partir de 60 ans, votre débit de filtration glomérulaire diminue naturellement d’environ 1% par an. Cette réduction progressive de la fonction rénale modifie profondément la pharmacocinétique de nombreux médicaments que vous prenez. Les molécules éliminées par voie rénale s’accumulent plus facilement dans votre organisme, augmentant le risque d’effets secondaires et de toxicité médicamenteuse. Cette réalité physiologique explique pourquoi votre médecin doit ajuster régulièrement les posologies de vos traitements chroniques.

La mesure de la créatininémie et le calcul du débit de filtration glomérulaire estimé (DFGe) permettent d’évaluer précisément votre fonction rénale. Des études montrent que près de 30% des personnes de plus de 65 ans présentent une insuffisance rénale chronique modérée sans en avoir conscience. Ce dépistage systématique lors de votre check-up annuel permet d’adapter vos prescriptions et d’éviter les accumulations médicamenteuses dangereuses, particulièrement pour les antibiotiques, les anti-inflammatoires et les médicaments cardiovasculaires.

Sarcopénie et perte de masse musculaire : risques d’ostéoporose et de fragilité osseuse

La sarcopénie, caractérisée par une diminution progressive de votre masse et de votre force musculaire, touche environ 10% des personnes de 60 à 70 ans, et jusqu’à 50% après 80 ans. Cette fonte musculaire naturelle s’accompagne d’une réduction de votre densité osseuse, créant un terrain favorable à l’ostéoporose. Vous perdez en moyenne 3 à 8% de votre masse musculaire par décennie après 30 ans, un phénomène qui s’accélère significativement après 60 ans. Cette transformation affecte directement votre équilibre, votre mobil

culaire et votre capacité à effectuer les gestes du quotidien, comme vous lever d’une chaise ou monter des escaliers.

Lors d’un check-up annuel après 60 ans, le médecin peut repérer les premiers signes de sarcopénie en évaluant votre force de préhension, votre vitesse de marche ou votre difficulté à porter des charges habituelles. Associée à une ostéoporose débutante, cette perte musculaire augmente fortement le risque de chutes et de fractures, notamment du col du fémur. Une prise en charge précoce, combinant activité physique adaptée (renforcement musculaire doux, marche, exercices d’équilibre) et apport suffisant en protéines, calcium et vitamine D, permet de freiner ce processus et de préserver votre autonomie le plus longtemps possible.

Modifications du système cardiovasculaire : rigidité artérielle et hypertension systolique isolée

Avec l’âge, vos artères perdent progressivement en élasticité. Cette rigidité artérielle se traduit souvent, après 60 ans, par une élévation de la pression artérielle systolique (la « grande » valeur) alors que la pression diastolique peut rester normale, voire basse. On parle alors d’hypertension systolique isolée, une forme d’hypertension particulièrement fréquente chez les seniors et fortement associée au risque d’accident vasculaire cérébral, d’insuffisance cardiaque ou d’infarctus du myocarde.

Votre check-up annuel est l’occasion de mesurer votre tension dans de bonnes conditions, parfois à plusieurs reprises ou à l’aide d’un holter tensionnel si besoin. Un bilan cardiovasculaire complet peut inclure une évaluation de vos facteurs de risque : tabagisme, dyslipidémie, diabète, antécédents familiaux, sédentarité. À partir de ces éléments, votre médecin calcule un risque cardiovasculaire global et adapte votre prise en charge : conseils d’hygiène de vie, traitement antihypertenseur, voire orientation vers un cardiologue. Intervenir tôt sur cette rigidité artérielle, c’est réduire significativement la probabilité de complications lourdes à moyen terme.

Immunosénescence : diminution de la réponse immunitaire face aux infections

Le système immunitaire vieillit lui aussi : on parle d’immunosénescence. Concrètement, vos défenses naturelles deviennent moins efficaces pour reconnaître et neutraliser les agents infectieux. C’est l’une des raisons pour lesquelles les infections respiratoires, urinaires ou cutanées sont plus fréquentes et parfois plus graves après 60 ou 70 ans. Cette baisse de vigilance immunitaire explique également la réponse parfois moins robuste aux infections émergentes, comme on l’a observé lors de la pandémie de Covid-19.

Le check-up annuel permet de faire le point sur vos épisodes infectieux récents, vos hospitalisations éventuelles et votre statut vaccinal. Une formule sanguine complète (NFS) peut aider à repérer une anémie, une leucopénie ou une autre anomalie hématologique susceptible de fragiliser davantage votre immunité. La prévention vaccinale (grippe, pneumocoque, zona, rappels DTP, voire Covid-19 selon les recommandations) s’inscrit au cœur de cette stratégie : elle constitue une façon concrète de compenser en partie l’immunosénescence et de réduire le risque de formes graves d’infections.

Dépistage des pathologies chroniques silencieuses chez les seniors

Après 60 ans, de nombreuses maladies évoluent de manière silencieuse pendant plusieurs années avant de provoquer des symptômes. C’est le cas du diabète de type 2, de la dyslipidémie, de l’insuffisance rénale chronique ou de certains cancers fréquents. Sans check-up annuel, ces pathologies peuvent être découvertes tardivement, au stade des complications. Un dépistage systématique, structuré et adapté à votre profil permet de repérer ces affections à un stade précoce, moment où les traitements sont les plus efficaces et les séquelles souvent évitables.

Diabète de type 2 : mesure de l’hémoglobine glyquée (HbA1c) et glycémie à jeun

Le diabète de type 2 touche près d’un senior sur cinq en France, avec une fréquence qui augmente nettement après 65 ans. Problème : cette maladie métabolique peut rester silencieuse pendant longtemps, alors même qu’elle commence déjà à abîmer vos artères, vos reins, vos yeux ou vos nerfs. Un simple bilan sanguin lors de votre check-up annuel permet de mesurer votre glycémie à jeun et votre hémoglobine glyquée (HbA1c), qui reflète votre équilibre glycémique sur les deux à trois derniers mois.

Une glycémie à jeun supérieure ou égale à 1,26 g/L à deux reprises, ou une HbA1c au-delà de 6,5 %, oriente vers un diabète de type 2. Des valeurs intermédiaires peuvent évoquer un prédiabète, véritable zone d’alerte qui justifie déjà des mesures d’hygiène de vie renforcées. En détectant tôt ces anomalies, vous pouvez agir à temps : perte de poids modérée, alimentation plus équilibrée, augmentation de l’activité physique et, si nécessaire, mise en route d’un traitement adapté. Vous réduisez ainsi largement le risque de complications cardiovasculaires, rénales ou ophtalmologiques.

Dyslipidémie et athérosclérose : bilan lipidique complet avec LDL, HDL et triglycérides

Le cholestérol et les triglycérides jouent un rôle central dans le développement de l’athérosclérose, cette accumulation de plaques graisseuses sur la paroi de vos artères. Après 60 ans, la combinaison d’une dyslipidémie, de l’hypertension et du tabagisme multiplie le risque d’infarctus ou d’AVC. Pourtant, un excès de LDL-cholestérol (« mauvais cholestérol ») ne donne aucun symptôme, d’où l’importance d’un bilan lipidique régulier lors du check-up annuel.

Ce bilan comprend le cholestérol total, le LDL, le HDL (« bon cholestérol ») et les triglycérides. À partir de ces résultats, votre médecin évalue votre risque cardiovasculaire global et fixe des objectifs personnalisés : par exemple, un LDL inférieur à une valeur cible plus basse si vous avez déjà fait un infarctus ou si vous êtes diabétique. En ajustant votre alimentation, en augmentant votre activité physique et, si besoin, en introduisant un traitement hypolipémiant (statine ou autre), vous pouvez considérablement ralentir la progression de l’athérosclérose et protéger votre cœur et votre cerveau.

Insuffisance rénale chronique : dosage de la créatinine et calcul du DFG selon Cockcroft-Gault

L’insuffisance rénale chronique évolue le plus souvent de façon discrète, sans douleur ni signe évident, jusqu’à un stade avancé. Après 60 ans, elle est fréquemment liée à l’hypertension, au diabète ou à l’athérosclérose. Un simple dosage de la créatinine sanguine, associé au calcul du débit de filtration glomérulaire (DFG) selon des formules comme Cockcroft-Gault ou CKD-EPI, permet de situer précisément votre fonction rénale.

Cette évaluation est capitale pour deux raisons. D’abord, elle permet de dépister une insuffisance rénale débutante et d’en rechercher la cause afin de freiner son évolution : meilleure maîtrise de la tension, contrôle strict du diabète, adaptation des apports en sel et en protéines. Ensuite, elle conditionne l’ajustement des doses de nombreux médicaments (anticoagulants, antidiabétiques, antibiotiques, anti-inflammatoires, etc.). Sans ce calcul du DFG, vous risquez soit un sous-dosage inefficace, soit une toxicité médicamenteuse par surdosage. Le check-up annuel constitue donc un véritable garde-fou pour votre fonction rénale.

Dépistage des cancers fréquents : mammographie, coloscopie et dosage PSA prostatique

Avec l’avancée en âge, la probabilité de développer un cancer augmente, mais le pronostic s’améliore nettement en cas de dépistage précoce. Après 60 ans, plusieurs dépistages sont particulièrement pertinents. Pour les femmes de 50 à 74 ans, une mammographie tous les deux ans dans le cadre du programme national permet de détecter des cancers du sein à un stade très précoce. Pour les deux sexes, le dépistage du cancer colorectal repose sur un test immunologique fécal tous les deux ans entre 50 et 74 ans, avec coloscopie en cas de test positif ou de facteurs de risque particuliers.

Chez l’homme, la question du dépistage du cancer de la prostate par dosage du PSA et toucher rectal se discute au cas par cas, en fonction de l’espérance de vie, des antécédents familiaux et des préférences du patient. Votre check-up annuel est le moment idéal pour aborder ces sujets avec votre médecin, poser vos questions et peser les bénéfices et les risques de chaque examen. L’objectif n’est pas de multiplier les tests, mais de construire un programme de dépistage cohérent, adapté à votre profil et à vos priorités.

Examens cliniques et paracliniques recommandés lors du bilan gériatrique

Le check-up annuel après 60 ans ne se limite pas à une simple prise de sang. Il s’inscrit dans un véritable bilan gériatrique, qui combine examen clinique approfondi, évaluations fonctionnelles et examens paracliniques ciblés. L’enjeu est de disposer d’une vision globale de votre état de santé : cœur, vaisseaux, os, vue, audition, mais aussi équilibre, mémoire et moral. En fonction de vos antécédents et de vos symptômes éventuels, certains examens complémentaires peuvent être proposés pour affiner le diagnostic et anticiper les complications.

Électrocardiogramme de repos : détection des arythmies et fibrillation auriculaire

L’électrocardiogramme (ECG) de repos est un examen simple, rapide et indolore, qui enregistre l’activité électrique de votre cœur. Après 60 ans, il devient particulièrement utile pour dépister des troubles du rythme cardiaque, comme la fibrillation auriculaire, fréquente chez les seniors. Cette arythmie augmente fortement le risque de formation de caillots dans les oreillettes, eux-mêmes susceptibles de migrer vers le cerveau et de provoquer un accident vasculaire cérébral.

Un ECG réalisé lors de votre check-up annuel peut également révéler des signes d’ischémie myocardique silencieuse, de séquelles d’infarctus ou d’hypertrophie cardiaque liée à une hypertension mal contrôlée. En cas d’anomalie, votre médecin pourra vous orienter vers un cardiologue pour des examens complémentaires (holter ECG, échocardiographie, test d’effort) et mettre en place un traitement adapté, notamment un anticoagulant en cas de fibrillation auriculaire. Vous transformez ainsi un trouble silencieux en risque maîtrisé.

Échographie doppler des artères carotides : prévention des accidents vasculaires cérébraux

Les artères carotides, situées de part et d’autre de votre cou, sont les principales voies d’acheminement du sang vers le cerveau. Avec l’âge, elles peuvent se charger de plaques d’athérome qui rétrécissent leur calibre et favorisent la formation de caillots. Un examen d’échographie Doppler des carotides permet de visualiser la paroi des vaisseaux, de mesurer la vitesse du flux sanguin et de quantifier d’éventuelles sténoses.

Cet examen est particulièrement indiqué si vous présentez plusieurs facteurs de risque cardiovasculaire, des antécédents d’AVC, de cardiopathie ischémique ou des signes neurologiques transitoires (troubles de la parole, faiblesse d’un bras, baisse brutale de la vision d’un œil). Réalisé dans le cadre d’un bilan gériatrique, le Doppler carotidien aide à adapter votre prise en charge : intensification du traitement antiagrégant ou anticoagulant, optimisation de la baisse du LDL-cholestérol, voire discussion d’une chirurgie (endartériectomie) ou d’une angioplastie en cas de sténose sévère. Vous agissez ainsi en amont pour prévenir un AVC potentiellement invalidant.

Densitométrie osseuse (ostéodensitométrie DEXA) : évaluation du score T et risque fracturaire

L’ostéodensitométrie par absorptiométrie biphotonique (DEXA) est l’examen de référence pour évaluer votre densité minérale osseuse et dépister l’ostéoporose. Après 60 ans, et plus encore après la ménopause chez la femme, la perte osseuse s’accélère. Une densité osseuse diminuée n’entraîne aucun symptôme, mais elle augmente fortement le risque de fracture en cas de chute, notamment au niveau du col du fémur, des vertèbres et du poignet.

Le résultat de la DEXA est exprimé en score T, qui compare votre densité osseuse à celle d’un adulte jeune en bonne santé. Un score T inférieur ou égal à -2,5 définit l’ostéoporose. À partir de cet examen, le médecin peut estimer votre risque fracturaire à 10 ans et proposer une stratégie personnalisée : supplémentation en calcium et vitamine D, activité physique de renforcement, aménagement du domicile pour prévenir les chutes, voire traitement anti-ostéoporotique spécifique. Intégrer une ostéodensitométrie à votre check-up, c’est prendre au sérieux la fragilité osseuse avant la première fracture.

Bilan ophtalmologique : dépistage du glaucome, DMLA et cataracte sénile

La vue joue un rôle central dans votre autonomie quotidienne : se déplacer en sécurité, lire, reconnaître les visages, conduire… Or, après 60 ans, plusieurs pathologies oculaires deviennent fréquentes : cataracte, glaucome, dégénérescence maculaire liée à l’âge (DMLA), rétinopathie diabétique. La difficulté, là encore, est que ces maladies peuvent s’installer progressivement sans douleur ni gêne majeure au début.

Un bilan ophtalmologique complet, tous les un à deux ans, permet de mesurer votre acuité visuelle, votre champ visuel, votre pression intraoculaire et d’examiner votre rétine. Dépister un glaucome à un stade précoce, c’est éviter une atteinte irréversible du nerf optique ; repérer une DMLA débutante, c’est mettre en route rapidement les traitements et les aides visuelles adaptés ; diagnostiquer une cataracte sénile, c’est programmer une chirurgie qui permettra de restaurer nettement votre vision. Intégré au check-up annuel, ce suivi ophtalmologique contribue directement à la prévention des chutes et à la préservation de votre qualité de vie.

Évaluation cognitive et dépistage des troubles neurodégénératifs

La mémoire et les fonctions cognitives sont au cœur de votre autonomie : gérer vos comptes, suivre un traitement, organiser vos déplacements, entretenir vos relations sociales. Après 60 ans, il est normal de constater de petits oublis bénins, mais il devient crucial de distinguer ce vieillissement cognitif « normal » des premiers signes de troubles neurodégénératifs. Le check-up annuel offre un cadre rassurant pour aborder ces questions, souvent source d’inquiétude, et pour mettre en place un dépistage simple et précoce.

Test MMSE et MoCA : détection précoce des déficits cognitifs légers (MCI)

Les tests cognitifs standardisés, comme le MMSE (Mini-Mental State Examination) ou le MoCA (Montreal Cognitive Assessment), sont des outils rapides permettant de screen­er votre fonctionnement intellectuel global. Ils évaluent plusieurs domaines : orientation, attention, mémoire, langage, capacités visuo-spatiales, fonctions exécutives. Réalisés en une quinzaine de minutes, ils donnent un score qui, interprété par le médecin en tenant compte de votre âge et de votre niveau d’études, permet de repérer un trouble cognitif léger (MCI).

Le MCI correspond à une altération objective de certaines fonctions cognitives, au-delà de ce que l’on attend du vieillissement normal, mais sans impact majeur sur les activités quotidiennes. Il représente une zone d’alerte : certaines personnes resteront stables, d’autres évolueront vers une maladie d’Alzheimer ou une autre démence. En détectant ce stade précoce lors de votre check-up, vous pouvez bénéficier d’un suivi rapproché, de conseils pour stimuler vos fonctions cognitives (activité intellectuelle régulière, vie sociale, activité physique) et, si besoin, d’explorations complémentaires en consultation mémoire.

Maladie d’alzheimer et démences vasculaires : biomarqueurs et imagerie cérébrale

Lorsque les tests de dépistage et l’examen clinique font suspecter une démence débutante, le bilan peut être complété par des examens spécialisés. L’imagerie cérébrale, le plus souvent par IRM, permet d’analyser la structure du cerveau : atrophie hippocampique en faveur d’une maladie d’Alzheimer, lésions ischémiques multiples évoquant une démence vasculaire, hydrocéphalie, tumeur, etc. Dans certains contextes, des biomarqueurs du liquide céphalorachidien ou des examens d’imagerie fonctionnelle (TEP) peuvent être proposés pour affiner le diagnostic.

L’objectif, là encore, n’est pas de multiplier les examens, mais de poser le plus tôt possible un diagnostic précis lorsque les troubles sont significatifs. Un diagnostic étiologique permet d’adapter les traitements symptomatiques, d’anticiper les besoins d’aides à domicile, d’aménager l’environnement pour sécuriser la personne et de proposer un soutien à l’aidant. Aborder ces sujets lors du check-up annuel, c’est aussi laisser la place à la parole : exprimer ses craintes, poser des questions, clarifier les projets et les souhaits de vie pour les années à venir.

Syndrome dépressif du sujet âgé : échelle gériatrique de dépression GDS

La dépression du sujet âgé est fréquente mais souvent sous-diagnostiquée, car elle se masque derrière des plaintes somatiques (douleurs, fatigue, troubles du sommeil) ou une perte d’intérêt attribuée à tort au vieillissement « normal ». Pourtant, un état dépressif non pris en charge altère profondément la qualité de vie, augmente le risque de déclin cognitif, de chute, d’hospitalisation, voire de suicide. C’est pourquoi le check-up annuel devrait systématiquement inclure un questionnement sur votre moral et vos émotions.

L’échelle gériatrique de dépression (GDS), sous forme de questionnaire simple, aide le médecin à identifier un éventuel syndrome dépressif. En cas de score évocateur, une prise en charge adaptée peut être mise en place : psychothérapie, soutien social, activité physique adaptée, traitement antidépresseur si nécessaire. Parler de sa tristesse, de son isolement ou de sa perte d’énergie n’est pas un signe de faiblesse : c’est un premier pas vers un mieux-être, que le check-up annuel peut justement favoriser.

Adaptation thérapeutique et révision de l’ordonnance médicamenteuse

Après 60 ans, la plupart des personnes prennent plusieurs médicaments au long cours : antihypertenseurs, antidiabétiques, anticoagulants, antalgiques, psychotropes… Avec le temps, les indications évoluent, les organes vieillissent et le risque d’interactions s’accroît. Le check-up annuel est l’occasion idéale de faire le point sur votre traitement, de « nettoyer » l’ordonnance et de l’adapter finement à votre situation actuelle. Cette démarche de révision thérapeutique est l’un des leviers les plus efficaces pour améliorer votre sécurité et votre qualité de vie.

Iatrogénie médicamenteuse : identification des prescriptions inappropriées selon critères STOPP-START

La iatrogénie médicamenteuse désigne les effets indésirables provoqués par les traitements eux-mêmes : chutes liées à un somnifère, confusion sous anticholinergique, insuffisance rénale aiguë après anti-inflammatoire, hémorragie sous anticoagulant… Chez les seniors, ces complications sont une cause majeure d’hospitalisation évitable. Pour les prévenir, des outils comme les critères STOPP-START ont été élaborés afin d’identifier les prescriptions potentiellement inappropriées ou, au contraire, les traitements utiles oubliés.

Lors de votre check-up annuel, votre médecin peut passer en revue, médicament par médicament, votre ordonnance actuelle à la lumière de ces critères : existe-t-il des molécules devenues inutiles, redondantes ou risquées à votre âge ? Manquez-vous d’un traitement protecteur recommandé en prévention secondaire (statine, inhibiteur de l’enzyme de conversion, antiagrégant…) ? Cette analyse structurée permet de simplifier votre traitement, de réduire les risques d’effets secondaires et de s’assurer que chaque médicament a encore une justification claire et un bénéfice attendu pour vous.

Polymédication et interactions pharmacologiques : conciliation médicamenteuse personnalisée

On parle de polymédication lorsque vous prenez au moins cinq médicaments au long cours, ce qui est fréquent après 60 ou 70 ans. Plus le nombre de traitements augmente, plus le risque d’interactions pharmacologiques se multiplie : certaines associations potentialisent les effets indésirables, d’autres diminuent l’efficacité d’un médicament, d’autres encore modifient sa concentration sanguine. Sans compter les produits en automédication, les compléments alimentaires ou les plantes, souvent sous-déclarés.

La conciliation médicamenteuse consiste à reconstituer, avec vous, la liste exhaustive de ce que vous prenez réellement : prescriptions de différents spécialistes, génériques, médicaments de réserve, traitements achetés sans ordonnance. Votre médecin ou votre pharmacien peut ensuite vérifier les interactions possibles à l’aide de bases de données spécialisées et ajuster le schéma thérapeutique : modification d’horaires de prise, choix d’alternatives plus sûres, suppression de doublons. Cette démarche personnalisée, intégrée au check-up annuel, permet de sécuriser votre traitement et de vous redonner une vision claire de ce que vous prenez et pourquoi vous le prenez.

Ajustement posologique selon la fonction rénale et hépatique du patient senior

Avec le vieillissement, la fonction rénale et la fonction hépatique diminuent progressivement, même en l’absence de maladie déclarée. Or, ce sont les deux grands organes de métabolisation et d’élimination des médicaments. Un dosage inadapté, calculé comme si vous aviez 40 ans, peut donc conduire à un surdosage et à des effets toxiques, en particulier pour les molécules à marge thérapeutique étroite (anticoagulants, certains antiépileptiques, digoxine, etc.).

Votre check-up annuel inclut généralement un bilan biologique avec créatininémie, enzymes hépatiques (ALAT, ASAT, gamma-GT) et parfois albuminémie. À partir du débit de filtration glomérulaire estimé et de ces paramètres hépatiques, votre médecin peut recalculer les posologies recommandées, voire changer de molécule pour un médicament mieux toléré chez le sujet âgé. Cet ajustement fin, souvent résumé en règle pratique par « start low, go slow » (commencer bas, augmenter lentement), contribue à maintenir l’efficacité thérapeutique tout en limitant au maximum les risques d’intolérance.

Prévention vaccinale et mise à jour du calendrier immunologique après 60 ans

La vaccination ne concerne pas uniquement les enfants. Après 60 ans, alors que votre système immunitaire devient moins performant, la prévention vaccinale redevient un pilier majeur de votre protection. Les infections respiratoires, les pneumonies, le zona ou encore le tétanos peuvent avoir des conséquences bien plus graves chez le senior que chez l’adulte jeune. Pourtant, les études montrent qu’une part importante des personnes âgées ne sont pas à jour de leurs vaccins. Le check-up annuel est l’occasion de sortir votre carnet vaccinal, de faire le point et, si besoin, de rattraper les doses manquantes.

Plusieurs vaccins sont particulièrement recommandés après 60 ans : le vaccin contre la grippe saisonnière, à renouveler chaque année ; le vaccin contre le pneumocoque, pour prévenir les infections invasives et certaines pneumonies ; le vaccin contre le zona, conseillé à partir d’un certain âge pour limiter le risque de réactivation douloureuse du virus varicelle-zona ; les rappels du vaccin contre le tétanos, la diphtérie et la poliomyélite (DTP), en général tous les 10 ans. Selon votre état de santé et les recommandations en vigueur, une vaccination contre la coqueluche, la Covid-19 ou l’hépatite peut également être proposée.

Vous vous demandez peut-être si tous ces vaccins sont vraiment nécessaires ? Rappelez-vous que chaque hospitalisation évitée, chaque pneumonie ou zona prévenus représentent un gain concret de confort, d’autonomie et parfois même de survie. Discuter de la prévention vaccinale avec votre médecin lors du check-up annuel permet de répondre à vos interrogations, de prendre en compte d’éventuelles contre-indications et de bâtir un calendrier simple, adapté à votre profil. En associant bilans de santé réguliers, révision de vos traitements et vaccination à jour, vous vous donnez les moyens de vieillir en meilleure santé, plus longtemps.